Il convient de souligner avec force les efforts considérables déployés par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) pour garantir l’organisation des élections dans des conditions exemplaires. Transparence, équité et respect du choix des citoyens ont constitué le socle de cette démarche, traduisant la volonté ferme des autorités nationales de consolider la démocratie et de protéger la voix du peuple.
Cependant, cette dynamique positive a été gravement entachée par des pratiques inacceptables au niveau de certaines communes, préfectures et sous-préfectures. Des cadres indélicats sont accusés d’avoir détourné plus de 60 % des fonds destinés aux bureaux de vote, un acte de trahison qui met en péril l’intégrité du processus électoral et ternit injustement l’image des plus hautes autorités de l’État.
De telles attitudes ne sauraient rester impunies. Elles constituent non seulement une violation de la confiance placée en ces responsables, mais également une atteinte grave à l’honneur de l’État et aux sacrifices consentis par les citoyens. La gestion des biens publics est un devoir sacré qui doit être exercé dans l’intérêt exclusif de la Nation, et non pour servir des ambitions personnelles.
Des questions persistent quant à l’identité réelle des gestionnaires de ces fonds : revenait-il aux présidents des délégations spéciales ou aux directeurs préfectoraux et communaux des élections d’en assurer la distribution ? Cette ambiguïté, combinée aux écarts constatés, nourrit des soupçons légitimes de mauvaise gestion.
Les montants versés aux agents de bureaux de vote varient fortement d’une commune à l’autre :
Matoto : Président 300 000 GNF ; Vice-président 250 000 GNF ; Secrétaire 250 000 GNF ; Assesseurs 200 000 GNF × 2.
Gbéssia : Président 660 000 GNF ; Vice-président 510 000 GNF ; Secrétaire 510 000 GNF ; Assesseurs 410 000 GNF × 2.
Kérouané : Président 250 000 GNF ; Vice-président 200 000 GNF ; Secrétaire 200 000 GNF ; Assesseurs 150 000 GNF × 2.
Ces disparités, parfois du simple au triple, ne trouvent aucune justification valable et renforcent l’idée d’un détournement systématique. À Matoto, un paiement complémentaire a récemment été effectué pour aligner les primes avec celles de Gbéssia, preuve supplémentaire des dysfonctionnements initiaux.
Face à cette situation, les populations interpellent directement le MATD et demandent l’ouverture d’enquêtes approfondies, suivies de sanctions exemplaires contre les responsables de ces dérives. Le peuple exige la vérité et la transparence afin que les sacrifices consentis par les autorités nationales ne soient pas compromis par la cupidité de quelques cadres locaux.
La démocratie est un bien commun fragile qui repose sur la confiance entre gouvernants et gouvernés. En s’attaquant aux ressources destinées à son fonctionnement, certains cadres locaux ont non seulement trahi leur mission, mais ils ont aussi tenté de salir l’image de l’État.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la complaisance mais à la fermeté. Les citoyens attendent des mesures exemplaires pour rappeler que nul n’est au-dessus de la loi et que les biens publics ne sauraient servir d’enrichissement personnel. Le peuple de Guinée aspire à une gouvernance juste et intègre, et il appartient aux autorités de montrer que cet idéal n’est pas une illusion, mais une réalité en marche.
Source : Agents directement concernés
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