Par G24News.info Décryptage stratégique de M. Amadou KEITA, expert en géopolitique Afrique-Moyen-Orient
Au cœur du pouvoir sénégalais, une tension glaciale s’installe, masquée par les sourires diplomatiques et les discours d’unité. Le binôme historique Diomaye Sonko, porté au sommet par la ferveur populaire et une promesse de rupture avec l’ancien régime, semble vaciller. Mais la chute ne viendra pas de l’opposition, alerte l’expert géopolitique Amadou KEITA : elle pourrait naître de l’intérieur.

Selon M. KEITA, le Président Bassirou Diomaye Faye est subtilement incité à rompre avec l’influence d’Ousmane Sonko. On lui souffle qu’il est le véritable détenteur de l’autorité républicaine, qu’il doit l’imposer sans faiblir, et surtout ne pas être l’ombre du tribun dont le charisme le surplombe.
C’est une stratégie classique de désolidarisation isoler le chef visible Diomaye de celui qui incarne toujours le mythe de Sonko, dans l’objectif d’asseoir un leadership présidentiel indépendant mais à double tranchant.

Il faut que les deux amis Diomaye et Sonko tirent des leçons du passé du Sénégal.
Ils doivent toujours avoir à l’esprit le cas des deux grands amis qui étaient Léopol Sédar Senghor et Mamadou Dia.
Tout le monde sait que l’amitié ne tient pas bon toujours avec la soif du pouvoir.
J’ai l’impression que le Président Diomaye ne se sent pas bien à l’aise devant son mentor charismatique qui est Monsieur Ousmane Sonko.
S’il ne fait pas attention cette indifférence risque d’être la cause de leur rupture.
Une chose est sûre et certaine si l’un trahit l’autre, ils vont tous tomber ensemble dans l’oubli de la reine politique Sénégalaise. Le Leaderships de la jeunesse Sénégalaise sera affectée dans l’avenir. Pour l’instant les deux jeunes leaders se complète dans la gérance du pays.
Dans un pays où hypocrite est la vie quotidienne de gens, c’est peine perdue pour l’espoir de la jeunesse dirigeante sénégalaise.

Ousmane Sonko, figure de proue de la résistance politique sénégalaise, n’a jamais abandonné son ambition présidentielle. Pour lui, Diomaye n’est pas une fin en soi, mais une étape dans un processus qu’il dirige en sous-main. Il reste convaincu que c’est sa légitimité populaire qui a façonné la victoire de l’Avenir, et qu’à ce titre, il pourrait défaire ce qu’il a construit.
Sonko croit en son destin présidentiel. Mais plus que cela, il porte la certitude intime d’être irremplaçable dans la mécanique du changement qu’il a initiée.
La conséquence directe de ce duel psychologique ? Une implosion annoncée du PASTEF.
Deux clans se dessinent :
Les «« institutionnels » », désormais à l’aise dans les habits du pouvoir avec Diomaye,
Et les « « radicaux » », restés fidèles à Sonko, marginalisés mais toujours combatifs.
Cette division pourrait affaiblir le socle électoral du parti, créer une fracture idéologique, et ouvrir un boulevard à l’opposition classique, celle que PASTEF avait balayée grâce à l’élan populaire.

Si cette crise s’envenime, les deux hommes échoueront ensemble, estime M. KEITA. Mais Sonko perdra plus car il est le visage du combat, celui dont le nom est lié aux sacrifices, aux mobilisations, aux espoirs. Diomaye, lui, dispose de l’appareil d’État, de la légalité et des leviers d’action. Et l’État, s’il le faut, broiera Sonko sans pitié.

Plus inquiétant encore le peuple sénégalais risque de se sentir trahi, découvrant que les nouveaux dirigeants ne sont peut-être pas si différents des anciens. La désillusion sera brutale, profonde, et difficile à rattraper.
M. Amadou KEITA livre une conclusion sans ambiguïté, empreinte de réalisme politique :
« Il serait dans l’intérêt d’Ousmane Sonko de reconnaître pleinement l’autorité du Président Bassirou Diomaye Faye et de continuer à assumer, avec loyauté et responsabilité, les fonctions de Premier ministre qui lui ont été confiées. À défaut, un retrait temporaire qu’il soit marqué par une démission ou un repli stratégique vers l’Assemblée nationale pourrait lui offrir l’opportunité de se reconstruire politiquement et de revenir plus tard avec une maturité stratégique accrue. En revanche, s’il choisit l’épreuve de force contre le chef de l’État, il court le risque de se heurter à ses propres alliés de la première heure ceux qui, mieux que quiconque, connaissent ses forces, ses failles et ses contradictions. Et dans un tel affrontement, ces derniers pourraient ne pas hésiter à l’écarter brutalement de la scène politique. »
Ce qui devait être une cohabitation visionnaire pourrait se transformer en duel fratricide.
Dans l’arène politique sénégalaise, le duel Diomaye & Sonko ne fait que commencer, mais une chose est certaine : le peuple observe, et n’accordera pas une seconde chance.
Analyse exclusive de G24News.info Pour comprendre l’Afrique au-delà des apparences.

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