Sous le vernis de la coopération, une stratégie de domination et de pillage
Depuis les années post-indépendance, la France n’a jamais véritablement quitté l’Afrique. Derrière les beaux discours sur la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme, se dissimule une stratégie d’ingérence à grande échelle. Une ingérence qui vise, non pas à aider les peuples africains, mais à perpétuer un système de prédation orchestré depuis Paris.

Sous prétexte de « coopération militaire » ou de « guerre contre le terrorisme », l’armée française s’est arrogée un droit d’occupation dans plusieurs pays africains. En réalité, il s’agit moins de défendre la paix que de défendre des intérêts géopolitiques, économiques et stratégiques. Ceux de la France, pas de l’Afrique.

Le 11 avril 2011 a marqué un tournant sombre dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Ce jour-là, le président ivoirien Laurent Gbagbo, pourtant démocratiquement élu, est renversé avec la complicité active de l’armée française et des forces onusiennes. Une intervention brutale, maquillée en mission humanitaire, révèle l’obsession de Paris pour le contrôle des régimes africains.
Ce ne fut pas une opération de maintien de la paix. Ce fut un changement de régime orchestré, destiné à installer un pouvoir plus conforme aux intérêts occidentaux.

Dans les années 1970, on comptait près de 20 000 soldats français stationnés en Afrique. Ce surnom de « gendarme de l’Afrique » n’est pas glorieux : il illustre la mainmise française sur la souveraineté politique et économique de plusieurs pays africains. Chaque base, chaque contingent, chaque manœuvre était un rappel que l’indépendance était restée inachevée.

Qu’il s’agisse du pétrole tchadien, de l’uranium nigérien, du manganèse gabonais ou encore du cacao ivoirien, l’armée française agit comme un bouclier pour les multinationales françaises. La protection des civils n’est qu’un prétexte : ce sont les ressources naturelles qui sont véritablement sous haute surveillance militaire.
Face à la montée fulgurante d’un sentiment anti-français sur le continent, la France n’a eu d’autre choix que de revoir sa posture militaire. Ces dernières années, plusieurs bases ont été fermées ou transférées :
–Janvier 2025 : rétrocession de la base de N’Djamena (Tchad)
–Février 2025 : cession de la base de Port-Bouët (Côte d’Ivoire)
–Avril 2025 : transformation de la base de Libreville (Gabon) en camp partagé
–2022 : départ forcé du Mali, du Burkina Faso et du Niger
Mais ce retrait n’est pas un acte de respect des souverainetés africaines. C’est une fuite stratégique, imposée par une pression populaire qui ne cesse de grandir.
Il est temps de dire les choses clairement :
L’armée française n’est pas une force de paix. Elle est le prolongement militaire d’un néocolonialisme brutal et insidieux. Elle a protégé des régimes corrompus, étouffé des révoltes populaires, et étendu l’ombre de Paris sur les destins africains.
L’Afrique n’a plus besoin de soldats étrangers. Elle a besoin de partenaires justes, de respect mutuel, de coopération équitable.
On ne libère pas un continent avec des fusils. On le libère par la justice, la vérité et la souveraineté.
La présence militaire française n’a pas été un bouclier : elle a été une chaîne. Une chaîne qui a freiné l’épanouissement politique, entravé l’autonomie économique et perpétué l’exploitation.
L’heure est venue pour l’Afrique de reprendre le contrôle de son destin, de briser les derniers maillons du système colonial, et de construire un avenir libéré des ingérences.
Parce qu’un peuple ne s’émancipe jamais sous la surveillance de ceux qui ont profité de sa soumission.
Parce que la souveraineté, ça ne se négocie pas : ça s’arrache, ça se conquiert, ça se défend.
Commentaires récents