Conakry, 13 février 2026 Le détenu Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de « Toumba », a été transféré mardi 10 février 2026 de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah, à environ quarante kilomètres de la capitale, dans des circonstances qui ont suscité une vive émotion et de fortes tensions autour de l’établissement pénitentiaire.
L’opération de transfert a été menée par des éléments des forces spéciales de l’armée guinéenne, déployés à l’intérieur et autour de la Maison centrale de Kaloum. Au cours de cette intervention, des coups de feu ont retenti, provoquant l’inquiétude des riverains et des médias locaux. Selon un communiqué du parquet général, l’initiative visait à « préserver l’ordre public et garantir la sécurité des détenus et du personnel pénitentiaire ».
Aboubacar Sidiki Diakité, 58 ans, est une figure controversée de l’histoire récente de la Guinée. Ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, l’ex-homme fort du pays à la suite du coup d’État de 2008, il a été condamné en juillet 2024 à dix ans d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité, dans le cadre du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, où des manifestants opposés au régime ont été abattus par des soldats.
Selon le parquet, le transfert de « Toumba » fait suite à des incidents survenus lors d’une fouille de cellules la veille, au cours de laquelle des téléphones portables, des substances illicites et des armes blanches ont été saisis. Les autorités pénitentiaires affirment que le détenu a adopté une attitude agressive dès le début de l’opération.
De leur côté, les avocats de Diakité dénoncent une « mesure arbitraire » et exigent son retour immédiat à la maison centrale de Conakry, évoquant ce qu’ils considèrent comme un manque de fondement légal à ce transfert.
L’extraction de Toumba intervient dans un climat de tensions persistantes autour de la prison centrale de Conakry, un établissement vétuste situé à proximité du palais présidentiel et des principales institutions gouvernementales. Des incidents antérieurs, dont l’évasion spectaculaire de plusieurs détenus politiques en 2023, avaient déjà souligné les défis sécuritaires de cette structure carcérale.
Alors que certains observateurs pointent du doigt une paranoïa sécuritaire au plus haut sommet de l’État, la décision de transférer un détenu aussi emblématique illustre les difficultés que rencontrent les autorités pour concilier maintien de l’ordre et respect des procédures judiciaires ordinaires.
En novembre 2025, Toumba Diakité avait tenté sans succès d’être candidat à l’élection présidentielle, sa candidature ayant été rejetée pour cause de casier pénal incompatible avec la loi électorale.
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