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Conakry, L’ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour répondre aux accusations de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Au cœur des débats : l’origine de son patrimoine immobilier et la gestion des ressources financières de l’institution qu’il dirigeait.

Selon l’accusation, l’ancien haut magistrat est soupçonné d’avoir détourné environ 20 milliards de francs guinéens issus du budget de la Cour constitutionnelle, ainsi que d’avoir fait un usage jugé « injustifié » de 1,2 milliard de francs guinéens. Les interrogations portent également sur l’ampleur de son patrimoine, composé notamment d’immeubles à Conakry et à Dakar, de terrains en Basse-Guinée et d’autres biens immobiliers.

Lors de l’audience, les avocats de l’État ont mis en doute la cohérence entre les revenus officiels de l’ancien président de la Cour constitutionnelle et la valeur estimée de ses biens. Selon leurs calculs, avec un salaire mensuel de 21 millions de francs guinéens durant deux ans, puis de 75 millions pendant trois ans, ses revenus cumulés atteindraient environ 3,2 milliards de francs guinéens, un montant jugé insuffisant pour justifier l’acquisition de plusieurs propriétés de grande valeur.

Les débats ont également porté sur certaines pratiques financières, notamment l’utilisation de circuits informels de change pour financer des travaux immobiliers à Dakar, une méthode que l’accusation considère comme suspecte.

Face aux accusations, Mohamed Lamine Bangoura a rejeté toute implication dans un détournement de fonds. Il affirme que la gestion financière de la Cour constitutionnelle était assurée par un comité de trésorerie, et que les décisions de décaissement étaient prises collectivement en séance plénière.

Pour justifier son patrimoine, l’ancien magistrat met en avant ses 36 années de carrière dans l’administration publique, ses revenus d’enseignant-chercheur ainsi que des activités de consultation. Il évoque également la vente d’un bien familial hérité de son père, qui aurait contribué au financement de certains investissements immobiliers.

L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, s’inscrit dans la dynamique de lutte contre la corruption et les crimes économiques engagée par les autorités guinéennes à travers la CRIEF.

À l’issue de l’audience, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier à une date ultérieure afin de poursuivre l’examen des faits et entendre les différentes parties impliquées dans cette procédure judiciaire.