Dakar / Conakry, 11 janvier 2026 La polémique née autour du recrutement d’enseignants sénégalais par des institutions universitaires guinéennes a été abordée par le professeur Souleymane Bachir Diagne, philosophe et universitaire.
Ce dossier, qui a suscité de vives réactions au Sénégal notamment suite à la publication d’une liste de 59 enseignants-chercheurs recrutés par la Guinée a poussé le ministère de l’Enseignement supérieur sénégalais à rappeler le principe d’exclusivité de l’emploi public pour les universitaires sous contrat avec l’État sénégalais.
Pour Souleymane Bachir Diagne, l’affaiblissement de la question sur le plan médiatique ne rend pas justice à la nature réelle du dossier. Il estime notamment qu’il est inexact de présenter cette mobilité comme un « exode des cerveaux ». Selon lui, il s’agit avant tout d’une réponse à un appel d’offres lancé par les autorités guinéennes et non d’une décision collective de départ massif d’universitaires sénégalais vers la Guinée.
Le philosophe souligne également que la liste des enseignants concernés comprend des profils divers des retraités, des vacataires et des docteurs sans poste officiel au Sénégal ce qui relativise l’idée d’un exode définitif.
Au cœur de l’intervention du professeur, une recommandation claire : cette mobilité académique devrait être encadrée dans le cadre des accords de coopération existants entre le Sénégal et la Guinée. Diagne propose que les modalités de recrutement, la nature des contrats et la gestion de la charge de travail des enseignants soient clarifiées pour éviter des tensions institutionnelles inutiles.
Il rappelle par ailleurs que le principe d’exclusivité de l’emploi public, qui interdit à un universitaire titulaire dans une université publique sénégalaise de cumuler deux postes à plein temps, constitue une règle universelle dans le monde académique et justifie l’attention portée par les autorités sénégalaises à ce dossier.
Au-delà du cas particulier, Souleymane Bachir Diagne voit dans cette controverse une opportunité de réfléchir de manière plus systématique sur la mobilité académique en Afrique. Il estime que, si elle est bien structurée, la mobilité des enseignants entre institutions peut constituer une richesse pour les systèmes universitaires, à condition qu’elle soit régulée, assumée et intégrée dans des cadres de coopération clairs.
Commentaires récents