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Le 16 mai 1997 reste gravé dans l’histoire de la République démocratique du Congo comme le jour où Mobutu Sese Seko, à la tête du Zaïre depuis 32 ans, quittait le pouvoir dans une fuite discrète, marquant la fin d’un régime autoritaire et le début d’une nouvelle ère, incarnée par Laurent-Désiré Kabila.

À l’aube de cette journée fatidique, Mobutu se réveille rongé par l’incertitude. Depuis des semaines, Kinshasa est encerclée par les troupes rebelles de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), dirigées par Kabila. Ces dernières ont mené une avancée fulgurante depuis l’est du pays, profitant du vide laissé par un pouvoir central affaibli, contesté, et abandonné par ses alliés historiques.

Malgré les tentatives de médiation internationale, notamment celles de Nelson Mandela et du président gabonais Omar Bongo, aucune solution politique n’a pu être trouvée. Les États-Unis, autrefois piliers du régime mobutiste durant la guerre froide, tournent désormais le dos à un dictateur devenu gênant.

À 10h30, le cortège de Mobutu quitte la ville sans éclat. Ni sirène, ni escorte bruyante. Le maréchal déchu monte à bord d’un avion en direction de Gbadolite, son fief natal, ultime refuge d’un homme qui fut jadis l’un des chefs d’État les plus puissants du continent africain.

Le lendemain, 17 mai, Kinshasa est aux mains de l’AFDL. Les « Kadogo » – jeunes recrues aux uniformes flottants et aux bottes en caoutchouc – pénètrent dans la ville. Sur le boulevard du 30 Juin, les Kinois sortent acclamer les troupes de Kabila, saluant la fin d’un régime caractérisé par la corruption, la répression et la misère sociale.

Pour beaucoup, cette prise de pouvoir est perçue comme une libération. « Mobutu est fini », déclare alors un Kabila triomphant, dont l’arrivée au pouvoir porte les espoirs d’un renouveau démocratique. Des espoirs qui, hélas, seront vite déçus par une nouvelle centralisation du pouvoir et le retour de tensions politiques.

La chute de Mobutu marque non seulement la fin d’un homme, mais aussi celle d’une époque. Symbole d’un certain type de leadership postcolonial africain, Mobutu représentait l’autorité absolue, la personnalisation du pouvoir et l’instrumentalisation de l’État à des fins personnelles. Son départ précipité, presque sans résistance, révèle à quel point le système s’était effondré de l’intérieur.

Aujourd’hui encore, cette date reste un jalon incontournable pour comprendre les dynamiques politiques en RDC et en Afrique centrale. Elle interroge sur la durabilité des régimes autoritaires, la responsabilité des puissances étrangères dans le maintien ou la chute des dictatures, et sur la capacité des peuples à faire face à leur propre histoire.