The DIVI future theme ?

Dans certains quartiers de Conakry, le mot “Europe” n’est plus seulement une destination. C’est devenu un rêve collectif, un mot sacré murmuré avec espoir, peur et impatience.

Chaque départ est une promesse de liberté, chaque retour un silence douloureux.

Au port de Boulbinet, au marché de Madina ou dans les cafés de Kankan, les conversations finissent toujours par cette même phrase :

💬: “Moi aussi, si j’ai l’occasion, je pars.”

Pour beaucoup de jeunes Guinéens, l’Europe n’est pas un choix, c’est une échappatoire. Une fuite face au chômage, à la pauvreté, aux promesses politiques non tenues. Certains vendent les biens familiaux, d’autres s’endettent pour financer un voyage dont ils ne connaissent ni la fin ni le prix.

Et pourtant… derrière la carte postale européenne, il y a une autre réalité. Des nuits froides sur les trottoirs, des papiers qu’on attend des années, des humiliations quotidiennes.

Ceux qui ont réussi à “arriver” ne racontent pas toujours tout. Par pudeur, ou par honte de décevoir.

Dans les familles, on continue d’espérer. On guette un appel, une photo, un virement. Mais parfois, le téléphone sonne pour annoncer le pire : un naufrage, une disparition, un corps retrouvé sur une plage inconnue.

Ces histoires, la Guinée en compte des milliers.

Elles rappellent que la jeunesse du pays n’a pas perdu l’envie de réussir, mais qu’elle a perdu confiance en la possibilité de le faire ici, chez elle.

Alors la vraie question n’est pas : “Pourquoi partent-ils ?”

Mais plutôt : “Que faisons-nous pour qu’ils aient envie de rester ?”

Conclusion

Chaque bateau qui quitte les côtes africaines emporte un rêve.

Mais si l’État et la société offraient des perspectives réelles à ces jeunes, peut-être que ce rêve cesserait d’être un départ… pour redevenir un avenir.