Conakry, La lutte contre le paludisme en Guinée, l’un des principaux défis de santé publique du pays, est confrontée à une sérieuse fragilisation après la décision de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) de réduire progressivement son appui financier et opérationnel. Cette évolution risque d’affecter les capacités du pays à contenir la maladie, qui reste une des principales causes de morbidité et de mortalité.
Le retrait partiel de l’USAID intervient dans un contexte où la Guinée dépend fortement des financements extérieurs pour la mise en œuvre de ses programmes de lutte contre le paludisme. Pendant plusieurs années, l’agence américaine a été un partenaire majeur dans l’achat de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la distribution de médicaments antipaludiques, la sensibilisation communautaire et le soutien à la surveillance épidémiologique.
Selon des sources proches du ministère de la Santé, l’allègement de ce soutien pourrait réduire la capacité des services de santé à maintenir la couverture des interventions préventives, notamment dans les zones rurales où le paludisme est endémique.
La réduction de l’aide étrangère survient alors que la Guinée enregistre encore des taux élevés de cas de paludisme chaque année, avec des impacts particulièrement lourds chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes deux des catégories les plus vulnérables.
Des experts guinéens et internationaux interrogés estiment que la moindre disponibilité des moyens logistiques et médicaux pourrait entraîner une augmentation des cas non traités et des risques de complications graves, accentuant les pressions sur un système de santé déjà fragile.
Le ministère de la Santé a reconnu la gravité de la situation tout en assurant qu’il travaille à diversifier les sources de financement et à renforcer les partenariats avec d’autres organisations internationales, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des ONG spécialisées. Le gouvernement guinéen a réaffirmé son engagement à poursuivre les efforts de prévention et de contrôle du paludisme, mais il reconnaît que cela nécessitera des ressources supplémentaires et une coordination étroite avec les partenaires techniques et financiers.
Des acteurs de la société civile, des professionnels de santé et des organisations communautaires locales ont appelé à une approche concertée incluant :
- la mobilisation de ressources nationales et internationales pour compenser la baisse de l’aide étrangère ;
- un renforcement des campagnes de sensibilisation sur les mesures individuelles de prévention ;
- la promotion de l’accès aux traitements efficaces dans toutes les régions du pays.
Selon ces acteurs, la lutte contre le paludisme ne peut être gagnée qu’avec une coopération durable entre les autorités nationales, les populations locales et les partenaires externes.
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