Conakry, Dans le cadre de la modernisation de l’état civil et de l’appui au processus électoral en Guinée, la Directrice Générale des Élections (DGE), Mme Zenabou Touré, a procédé, le 13 décembre 2025, à la remise de gilets et de t-shirts de visibilité aux officiers délégués de l’Office National de l’État Civil et de l’Identification (ONECI). Cette initiative vise à renforcer les capacités opérationnelles des acteurs chargés de la collecte et de la gestion des données d’état civil, essentielles à l’organisation des processus électoraux.
Lors de cette cérémonie, organisée à Conakry, Mme Zenabou Touré a souligné l’importance du renforcement des moyens matériels mis à la disposition des officiers d’état civil, qui jouent un rôle central dans l’identification des citoyens et la tenue de fichiers fiables.
Elle a rappelé que des lois structurantes, récemment adoptées, ont permis d’améliorer significativement le système d’état civil guinéen, notamment à travers la mise en place de registres nationaux physiques et numériques.
Selon la Directrice générale, le Programme national de recensement administratif à vocation d’état civil (PN-RAVEC) a abouti à l’établissement du Registre national des personnes physiques (RNPP), dans lequel près de 10 millions de personnes ont déjà été recensées, dont environ 6,7 millions d’électeurs. Cette base de données constitue désormais un fondement essentiel pour l’établissement d’un fichier électoral plus fiable, destiné à réduire les contestations et les tensions récurrentes liées aux recensements.
« Une personne non identifiée à la naissance est un fantôme administratif », a martelé Mme Touré, mettant en exergue l’importance d’un état civil complet et à jour pour assurer l’inclusion civique de chaque citoyen.
Dans son allocution, la Directrice générale a expliqué que le nouveau modèle institutionnel permet désormais d’alimenter annuellement le fichier électoral à partir du RNPP, en extrayant automatiquement les citoyens éligibles de 18 ans et plus. Cette réforme, selon elle, permettra de garantir une mise à jour continue et permanente du registre, réduisant les erreurs et les doublons, facteur clé pour la transparence des scrutins à venir.
Pour renforcer cette dynamique, Mme Touré a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre la DGE et l’ONECI, appuyée par des cadres juridiques, administratifs et techniques adaptés, afin de garantir la qualité des identifiants civils et électoraux.
De son côté, le Directeur général de l’ONECI, Kemoko Dioubaté, a rappelé que l’état civil constitue la pierre angulaire de toute politique publique, y compris le processus électoral et la planification du développement. Il a encouragé les officiers d’état civil à redoubler d’efforts pour assurer une collecte exacte et exhaustive des données essentielles telles que les naissances, les décès et les mariages.
Selon lui, une distinction claire doit être faite entre la déclaration d’un événement d’état civil (naissance, mariage, décès) et l’enregistrement juridique effectif, afin d’éviter les confusions qui persistent encore dans certaines parties du pays.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la rectification institutionnelle et de la refondation de l’État, engagées par les autorités de la transition, en vue notamment de garantir des processus électoraux plus crédibles et inclusifs.
Alors que la Guinée se prépare pour le scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, toute action visant à assurer l’exactitude des données électorales et la visibilité des acteurs sur le terrain est perçue comme un élément structurant pour la stabilisation du paysage électoral et la confiance des citoyens dans le système.
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