Sur les routes de Conakry, entre les klaxons pressés et la poussière qui colle à la peau, elles sont là.
Des jeunes filles, parfois à peine sorties de l’enfance, qui se faufilent entre les voitures avec un plateau sur la tête.
Des sachets d’eau, des grappes de raisins, du pain, des arachides, un peu de tout juste assez pour espérer ramener quelque chose à la maison, le soir venu.
Elles marchent vite, très vite.
Les feux rouges sont pour elles des secondes d’or : quelques pièces glissées à travers la vitre d’un taxi, un sourire épuisé en échange.
Puis, dès que le feu passe au vert, elles disparaissent dans le bruit, avalées par le flot des moteurs.
Elles connaissent le danger.
Un pas de travers, et c’est un accident. Une seconde d’inattention, et la peur remplace la fatigue.
Mais que faire, quand on n’a pas le choix ?
Quand les cahiers d’école ont été troqués contre des seaux d’eau glacée ?
Quand la survie devient la seule leçon du jour ?
Pourtant, malgré tout, il y a dans leurs yeux une lumière qu’on ne peut pas ignorer.
Une fierté silencieuse, celle de celles qui refusent de tendre la main.
Elles ne mendient pas elles vendent.
Elles affrontent la chaleur, la pluie, la poussière, pour aider une mère malade, pour payer la rentrée d’un petit frère, ou simplement pour manger le soir.
Mais au fond, ces filles ne devraient pas être là.
Elles devraient être assises sur des bancs d’école, un stylo à la main, et non pas un plateau sur la tête.
Elles devraient apprendre à construire leur avenir, pas à échapper aux klaxons.
La question n’est pas de les juger, ni même de les plaindre.
Elle est de savoir jusqu’à quand l’Afrique laissera sa jeunesse vendre sa dignité au bord de la route.
Conclusion
Chaque sachet d’eau vendu à Conakry porte une histoire celle d’une fille qui rêve d’une vie meilleure.
Et si le gouvernement, la société et chacun de nous décidions enfin de leur offrir autre chose que des feux rouges, peut-être qu’un jour, ces filles quitteront le bitume pour reprendre le chemin de leurs rêves.
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