Conakry, Le second volet du procès du massacre du 28 septembre 2009 a repris ce lundi devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, dans une atmosphère judiciaire suivie de près par l’opinion nationale et internationale.
Cette nouvelle phase de la procédure concerne un second groupe d’accusés présumés impliqués dans les exactions commises lors de la répression sanglante d’un rassemblement d’opposition au stade de Conakry il y a plus de quinze ans, qui avait fait au moins 150 morts, de nombreux blessés et plusieurs cas de violences sexuelles graves.
Au cœur de ce volet du procès figure le colonel Bienvenu Lamah, officier de gendarmerie qui dirigeait alors le centre d’instruction de Kaléah, près de Forécariah. Soupçonné de complicité dans les crimes commis, il a déjà comparu devant la barre lors de l’ouverture du procès en décembre 2025 et rejette pour l’heure sa responsabilité dans les faits qui lui sont reprochés.
Aux côtés du colonel Lamah, trois autres prévenus sont physiquement attendus à l’audience : Jean-Louis Kpoghomou, Georges Oulémou et Thomas Touaro. Cependant, trois figures majeures du dossier restent toujours en fuite : le colonel Gono Sangaré, Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou.
Les accusés sont poursuivis pour une série de infractions graves, incluant des meurtres, assassinats, viols, tortures, enlèvements ainsi que des coups et blessures volontaires. Ces charges s’inscrivent dans le cadre des enquêtes sur l’une des périodes les plus sombres de l’histoire contemporaine guinéenne, où des manifestants pacifiques avaient été violemment dispersés par des éléments des forces de sécurité.
Le second volet de l’instruction judiciaire doit permettre à la justice guinéenne de poursuivre l’examen des responsabilités individuelles et de répondre aux attentes des familles des victimes, qui réclament depuis longtemps vérité et réparation.
Ce procès est considéré comme une étape clé dans la lutte contre l’impunité en Guinée. Le premier volet avait déjà conduit à des condamnations emblématiques, marquant une avancée judiciaire majeure dans la prise en compte des crimes commis lors du massacre du 28 septembre 2009.
Cependant, la procédure est complexe et s’étend sur plusieurs années, avec des débats juridiques et des enjeux politiques sensibles. Les observateurs internationaux soulignent l’importance de préserver l’indépendance du processus judiciaire et d’assurer une application équitable de la loi pour toutes les parties concernées.
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