The DIVI future theme ?

À Conakry, avant que le soleil ne se lève, Mamadou démarre son taxi. Il est déjà épuisé, mais chaque journée est un défi qu’il refuse de perdre. Les routes sont cabossées, les passagers parfois impatients, et le carburant, rare et cher, devient un obstacle quotidien. Pourtant, il avance. Parce qu’au bout de chaque trajet, il y a un objectif plus grand que lui : la scolarité de ses enfants.

Mamadou est père de trois enfants. Ses journées commencent à l’aube et se terminent tard dans la nuit. Il connaît chaque virage de Conakry, chaque embouteillage, chaque raccourci. Mais derrière ce taxi, derrière ces trajets, se cache un choix difficile : manger ou envoyer ses enfants à l’école ? La plupart du temps, ce choix est fait au détriment de sa propre fatigue et de ses propres repas.

« Je ne veux pas que mes enfants connaissent la faim, et je veux qu’ils aient une chance que je n’ai pas eue », raconte-t-il, le regard fixé sur la route. Son sourire est timide, mais son courage est immense. Chaque billet de 1000 francs qu’il pose dans la caisse est destiné à l’avenir de ses enfants, à leurs cahiers, à leurs uniformes, à leur rêve.

Les passants, souvent pressés, ne voient que le taxi. Mais ceux qui connaissent Mamadou savent que derrière ce volant se cache une leçon de persévérance, de dignité et d’amour silencieux. Les voisins l’appellent parfois « l’homme qui transporte ses enfants vers l’avenir ».

Dans la Guinée d’aujourd’hui, où le chômage et les crises rendent la vie difficile, des milliers de Mamadou existent. Des pères, des mères, des oncles et des tantes, qui font des sacrifices invisibles pour que la jeunesse puisse grandir avec une éducation, une chance et une lueur d’espoir.

Chaque course de taxi, chaque trajet, chaque franc économisé devient alors plus qu’un simple acte économique : c’est un geste de foi en l’avenir, une résistance face aux difficultés, et un hommage à l’amour parental.

Mamadou finit sa journée tard le soir, épuisé mais satisfait. Il sait qu’il n’a peut-être pas changé le monde aujourd’hui. Mais demain, ses enfants seront un peu plus proches de leur rêve. Et pour lui, c’est déjà une victoire.