The DIVI future theme ?

Le coordinateur national de la Maison des Associations et des ONG de Guinée et Activiste de la société civile, M. Mamadou Saliou BARRY, livre son analyse sur les enjeux majeurs du projet constitutionnel en cours.

Dans un contexte de transition politique qui dure depuis bientôt cinq ans, la Guinée se prépare à tourner une nouvelle page de son histoire institutionnelle. Le projet de nouvelle Constitution, actuellement en débat, suscite réactions, débats et espoirs. Interrogé par nos soins, Mamadou Saliou BARRY, coordinateur national de la Maison des Associations et des ONG de Guinée et figure active de la société civile, s’est exprimé avec lucidité sur les différents points clés du projet.

D’entrée de jeu, M. Mamadou Saliou BARRY se veut optimiste : « C’est un bon début. Il est très important que cette Constitution soit l’outil juridique qui nous permettra de sortir de la transition, d’aller aux élections et de retrouver l’ordre constitutionnel. » Selon lui, ce texte doit offrir les garanties nécessaires pour enclencher un retour durable à une vie institutionnelle stable.

Concernant la question sensible de la double nationalité dans la course présidentielle, l’activiste reste mesuré :
« C’est une question délicate qui mérite réflexion et expertise. Mais sur le principe, il faut ouvrir la possibilité à tous les citoyens, même ceux de la diaspora, d’être candidats s’ils remplissent les critères. La double nationalité n’est pas une menace en soi, elle peut être un avantage. » Il plaide pour une ouverture encadrée qui valorise l’inclusion tout en préservant l’intérêt national.

Autre sujet brûlant : l’éventuel passage du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois. M. Mamadou Saliou BARRY ne s’oppose pas à cette réforme mais en relativise l’importance :
« Que ce soit cinq ou sept ans, tout est possible avec un bon président, un vrai démocrate. Ce qui compte, c’est la volonté politique de respecter les textes. Le problème n’est pas la durée, mais l’engagement à ne pas la dépasser. »

Il insiste : « Ce que redoute la société civile, ce ne sont pas tant les chiffres, mais le non-respect des engagements. Un mandat de sept ans renouvelables une fois ne doit pas devenir un mandat éternel. »

En conclusion, M. Mamadou Saliou BARRY appelle à une vigilance constante de la part de la société civile :
« Tout dépendra du leadership et du patriotisme de ceux qui gouvernent. Nous avons besoin d’une vraie alternance, pas seulement sur le papier mais dans la réalité. Une Constitution ne vaut que par le respect qu’on lui porte. »