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Conakry, avril 2026 Désigné directeur artistique et parrain de la candidature de Conakry au Réseau des villes créatives de littérature de l’UNESCO, Christophe Rioux a livré une vision ambitieuse du rôle stratégique que pourrait jouer ce label dans le repositionnement culturel, économique et diplomatique de la Guinée.

À travers une lecture qui dépasse le seul champ littéraire, l’expert français défend une conception du label UNESCO comme levier de transformation urbaine, sociale et économique, capable de connecter Conakry à un réseau mondial aujourd’hui composé de dizaines de villes créatives de littérature et de plus de 400 villes labellisées dans huit domaines créatifs.

Pour Christophe Rioux, le rôle d’un parrain ne relève pas d’une fonction symbolique, mais d’une mission de représentation et de facilitation.

Selon lui, le parrain agit comme un porte-voix du label, chargé de faire rayonner la ville concernée sur les scènes nationale et internationale, tout en favorisant les connexions stratégiques avec d’autres villes membres du réseau UNESCO.

Dans le cas de Conakry, cette mission s’inscrit dans une dynamique de mise en relation avec des expériences comme Strasbourg, ancienne Capitale mondiale du livre UNESCO, ou encore Tanger et Rabat, citées comme exemples d’une nouvelle vitalité africaine au sein des labels culturels internationaux.

Au cœur de son analyse, Christophe Rioux établit une distinction entre création artistique et créativité, cette dernière étant, selon lui, une forme élargie intégrant les industries culturelles et créatives design, édition, jeu vidéo, architecture ou encore innovation numérique.

Cette approche rejoint la philosophie du Réseau des villes créatives de l’UNESCO, fondé sur l’idée que la culture peut irriguer le développement social, urbain et économique.

Pour lui, l’enjeu pour la Guinée dépasse donc la reconnaissance symbolique : il s’agit d’inscrire Conakry dans une logique de développement durable alignée sur les Objectifs de développement durable des Nations unies.

L’une des idées fortes défendues par le directeur artistique concerne l’émergence d’une nouvelle géopolitique des industries culturelles, marquée par la montée en puissance de l’Afrique dans les dispositifs de reconnaissance internationale.

Longtemps dominé par des villes européennes et nord-américaines, le réseau UNESCO connaît, selon lui, une ouverture croissante vers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine.

Dans cette recomposition, la désignation de Conakry comme ville créative de littérature s’inscrirait dans une dynamique continentale favorable, portée par un regain d’intérêt pour les capitales culturelles africaines.

Interrogé sur le financement des programmes liés au label, Christophe Rioux souligne que l’attractivité du label UNESCO constitue en soi un levier pour mobiliser partenaires privés, mécènes et institutions internationales.

L’expérience de Strasbourg, qu’il cite en exemple, illustre selon lui comment de tels labels peuvent favoriser le développement d’infrastructures culturelles et produire, à terme, des effets mesurables sur la transformation urbaine.

Pour Conakry, l’enjeu serait donc de faire du label non seulement une reconnaissance, mais un instrument structurant pour les politiques culturelles futures.

Au-delà des enjeux artistiques, Christophe Rioux place clairement cette dynamique sur un terrain politique au sens noble du terme : celui du rôle de la culture dans les stratégies d’influence, de développement et de coopération internationale.

À ses yeux, le label UNESCO ouvre pour la Guinée une fenêtre stratégique rare, capable de renforcer son rayonnement bien au-delà du seul secteur littéraire.

« Les villes créatives ne sont pas seulement des labels culturels, elles peuvent devenir des moteurs de transformation », résume en substance cette vision portée depuis Conakry.