Abidjan, Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à organiser l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le pays déploie un impressionnant dispositif sécuritaire pour prévenir toute dérive. Mais derrière les annonces officielles, le spectre de la violence, de l’instabilité et des menaces persistantes plane.
- Le Conseil national de sécurité (CNS), présidé par le président Alassane Ouattara, a décidé de mobiliser 44 000 hommes policiers, gendarmes et militaires pour sécuriser l’ensemble du territoire pendant la période électorale. Cette opération porte le nom d’« Espérance ».
- Les forces seront opérationnelles jusqu’en novembre, avec un renforcement notable des patrouilles à la fois en milieu urbain et rural. Ce dispositif dépasse même celui mis en place pour la présidentielle de 2020.
- Le nord du pays continue d’inquiéter : même si les violences jihadistes y sont moins visibles, la frontière avec le Burkina Faso reste une zone vulnérable en raison des incursions, des milices, et du trafic transfrontalier.
- Des attaques récentes, notamment dans la localité de Difita (hameau près de Téhini), ont fait plusieurs morts, cas confirmés d’incendies, disparus, et dégâts matériels. Bien que les auteurs ne soient pas clairement identifiés, elles soulignent la fragilité sécuritaire sur ce front.
- Les indicateurs officiels montrent une amélioration de la sécurité en Côte d’Ivoire : l’Indice Général de Sécurité est passé de 6,8 en janvier 2012 à 1,2 en décembre 2024, soit une baisse d’environ 82 %. (YECLO.com)
- Toutefois, cette amélioration est jugée “fragile” par les experts : toute provocation, tension intercommunautaire ou incident mal géré pourrait relancer les violences. Le sentiment d’insécurité demeure élevé parmi la population, particulièrement dans les zones frontalières.
- La crédibilité de l’élection présidentielle dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à assurer un climat paisible pendant les campagnes, le vote, et la proclamation des résultats.
- Les attentes populaires sont fortes : sécurité des candidats, liberté d’expression, transparence dans la gestion électorale. Toute défaillance sera scrutée et pourrait être source de tensions post-électorales.
- La coopération régionale (avec le Burkina Faso et autres voisins), la surveillance des frontières et le renforcement des capacités des forces de sécurité sont des priorités récurrentes.
Renforcement du dialogue communautaire : les autorités doivent dialoguer avec les communautés des zones frontalières pour désamorcer les tensions et prévenir les actes de violence.
Transparence du dispositif sécuritaire : informer régulièrement la population sur les mesures prises, les effectifs, les zones d’action, pour renforcer la confiance.
Accompagnement social : les populations touchées par les affrontements (incendies, dégâts, déplacement) doivent être soutenues matériellement et psychologiquement.
Suivi local et international : ONG, médias et observateurs électoraux doivent rester vigilants, car la posture démocratique dépend aussi du rapport entre le terrain et les garanties institutionnelles.
Commentaires récents