Accra, Le gouvernement ghanéen a annoncé ce mercredi l’expulsion de trois ressortissants israéliens qui venaient d’arriver sur le sol ghanéen, en réaction à ce qu’il qualifie de « mauvais traitements » et d’« expulsions injustifiées » infligés à des citoyens ghanéens par les autorités israéliennes.
Dans un communiqué rendu public le 10 décembre 2025, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a expliqué que cette mesure de rétorsion faisait suite à la détention et à l’expulsion de plusieurs voyageurs ghanéens à l’aéroport international Ben Gurion de Tel Aviv. Parmi ces ressortissants figuraient notamment quatre membres d’une délégation parlementaire se rendant à une conférence internationale sur la cybersécurité.
Le communiqué précise que les autorités ghanéennes ont convoqué le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade d’Israël à Accra, en l’absence de l’ambassadeur, pour exprimer leur vive protestation. Malgré cette tension, les deux pays ont affirmé leur intention de rechercher une solution amiable à ce différend diplomatique.
Selon la version officielle d’Accra, sept ressortissants ghanéens ont été détenus à l’aéroport de Tel Aviv sans justification claire, depuis le 7 décembre 2025. Quatre de ces personnes, membres d’une mission parlementaire, ont été libérées après plusieurs heures d’intervention diplomatique, tandis que trois autres ont été expulsés du pays.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a qualifié ces actions de « ciblage délibéré » et de traitement « inhumain et traumatisant ». Il a également rejeté l’explication israélienne selon laquelle ces expulsions seraient liées à un manque de coopération de la représentation ghanéenne à Tel Aviv, jugeant cette affirmation « totalement insoutenable ».
Dans sa déclaration, le gouvernement ghanéen a affirmé sa détermination à protéger la dignité et les droits de ses citoyens à l’étranger, tout en soulignant l’importance de relations diplomatiques respectueuses entre nations. Accra a toutefois averti qu’elle n’hésiterait pas à prendre d’autres mesures de réciprocité si des incidents similaires se reproduisaient.
Le Ghana et Israël entretiennent des relations diplomatiques depuis plus de six décennies, marquées par une coopération bilatérale et des échanges réguliers. Toutefois, cet épisode met à l’épreuve la solidité de ces liens historiques, soulevant des questions sur le traitement des citoyens en transit ou en visite à l’étranger.
Ce type de confrontation diplomatique, bien que resté limité à une mesure de réciprocité, illustre les tensions potentielles qui peuvent surgir entre États à la suite d’incidents affectant leurs ressortissants respectifs. La réaction d’Accra est perçue comme un signal fort adressé à la communauté internationale quant à l’importance de traiter les voyageurs étrangers avec équité et respect, conformément aux normes internationales.
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