The DIVI future theme ?

𝗣𝗮𝗿 𝗔𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗞𝗘𝗜𝗧𝗔, 𝗖𝗼𝗻𝘀𝘂𝗹𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝗲𝗻 𝗴𝗲́𝗼𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲

‎CONAKRY- La solidité d’une République se mesure moins à la ferveur des discours qui célèbrent ses dirigeants qu’à la capacité de ses institutions à faire respecter la loi, protéger les ressources nationales et soumettre l’exercice du pouvoir à l’exigence de responsabilité. En Guinée, cette question revêt une importance particulière au regard des attentes citoyennes en matière de transparence, de justice et de bonne gouvernance.

‎Une vérité mérite d’être affirmée sans ambiguïté la loyauté politique ne constitue ni une garantie d’impunité ni un privilège permettant de se soustraire aux obligations de la loi.

‎Soutenir le 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗠𝗮𝗺𝗮𝗱𝗶 𝗗𝗼𝘂𝗺𝗯𝗼𝘂𝘆𝗮 , défendre ses orientations ou approuver son action relève de la liberté d’opinion et de l’engagement politique. Cependant, cette adhésion ne saurait exonérer quiconque de ses responsabilités dans la gestion des affaires publiques. La fidélité à un dirigeant et l’obligation de rendre compte de ses actes appartiennent à deux registres distincts l’un relève du choix politique, l’autre des exigences de la République.

‎Dans la vie politique, les tribunes de soutien, les déclarations élogieuses et les démonstrations de fidélité occupent souvent une place importante dans les stratégies de communication. Elles peuvent exprimer des convictions sincères, mais elles ne constituent en aucun cas des preuves d’intégrité dans la gestion publique.

‎La valeur d’un responsable se mesure à sa compétence, à sa probité, à la transparence de ses décisions et aux résultats obtenus au service de la collectivité. Elle ne dépend ni de l’intensité de ses louanges envers le pouvoir ni de sa capacité à afficher une fidélité politique sans réserve.

‎Le patriotisme ne consiste pas à applaudir plus fort que les autres, mais à servir honnêtement le Président de la République et la Nation.

‎Cette distinction est essentielle pour éviter une personnalisation excessive de la vie publique, dans laquelle la proximité avec les dirigeants risquerait d’être interprétée comme une forme de protection. Dans un État de droit, les fonctions publiques ne sont pas des propriétés personnelles : elles constituent des responsabilités exercées au nom de la collectivité.

‎La fidélité véritable aux institutions suppose donc que nul ne puisse invoquer ses relations politiques pour échapper aux contrôles légitimes ou aux procédures prévues par la loi.

‎L’argent public appartient à la collectivité. Il doit financer les infrastructures, améliorer les services sanitaires et éducatifs, soutenir les populations vulnérables et créer les conditions d’un développement économique durable.

‎Sa gestion engage ainsi bien davantage que la seule responsabilité comptable des agents publics. Elle touche à la justice sociale, à l’efficacité de l’action gouvernementale et à la confiance que les citoyens accordent à leurs institutions.

‎Lorsqu’un détournement de fonds publics est établi conformément à la loi, le préjudice ne se limite pas à la somme soustraite. Il peut également se traduire par des projets retardés, des équipements manquants et des besoins collectifs auxquels l’État ne parvient pas à répondre.

‎Cette réalité justifie l’existence de mécanismes rigoureux de contrôle, d’audit et de vérification des dépenses. La gestion des ressources nationales ne peut reposer uniquement sur la confiance accordée aux responsables elle doit s’appuyer sur des procédures transparentes permettant de vérifier la régularité des opérations et d’identifier les éventuelles responsabilités.

‎Il importe toutefois de distinguer une suspicion, une irrégularité administrative et une infraction pénalement établie. La rigueur exige que toute accusation soit examinée à partir de faits vérifiables, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de la défense.

‎Protéger les finances publiques exige des contrôles efficaces ; respecter l’État de droit exige que toute responsabilité soit établie sur la base de preuves.

‎La lutte contre la corruption perd sa crédibilité lorsqu’elle paraît dépendre de l’appartenance politique, de l’influence ou de la proximité avec les détenteurs du pouvoir. Pour être légitime, elle doit s’appliquer selon des critères objectifs et des procédures identiques pour toutes les personnes placées dans des situations comparables.

‎La justice ne doit être ni un instrument de règlement de comptes politiques ni un mécanisme de protection des personnalités influentes. Sa mission consiste à examiner les faits, apprécier les preuves et appliquer la loi dans le respect des garanties fondamentales.

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‎Cette exigence implique que les investigations relatives à la gestion des fonds publics soient conduites avec impartialité, que les mécanismes de contrôle puissent fonctionner sans pression indue et que les décisions judiciaires soient motivées par le droit plutôt que par des considérations partisanes.

‎La présomption d’innocence ne s’oppose pas à l’obligation de rendre compte. Elle garantit que personne ne soit déclaré coupable sans que sa responsabilité ait été légalement établie. La redevabilité, quant à elle, exige que les responsables publics puissent justifier l’utilisation des ressources et les décisions prises dans le cadre de leurs fonctions.

‎Ces principes sont complémentaires :la justice protège les citoyens contre l’arbitraire, tandis que la transparence protège la collectivité contre l’opacité.

‎La crédibilité des autorités se mesure donc à leur capacité à garantir simultanément ces deux exigences, sans favoritisme ni instrumentalisation politique.

‎La corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques fragilisent non seulement les finances de l’État, mais aussi la confiance des citoyens, l’efficacité administrative et la légitimité des institutions.

‎Lorsque les règles semblent s’appliquer différemment selon le statut ou les relations d’un individu, le sentiment d’injustice peut s’installer et éloigner progressivement la population de ses institutions.

‎À l’inverse, une administration soumise à des contrôles crédibles, des procédures de passation des marchés transparentes et des mécanismes de responsabilité clairement définis contribue à renforcer la confiance collective.

‎La lutte contre la corruption ne saurait donc se réduire à des déclarations publiques ou à des opérations ponctuelles. Elle suppose une politique durable fondée sur la prévention, la détection des irrégularités, l’indépendance fonctionnelle des mécanismes de contrôle et l’application impartiale des sanctions prévues par la loi.

‎Elle exige également une culture administrative dans laquelle rendre compte de sa gestion est considéré comme une obligation normale de la fonction publique, et non comme une attaque personnelle ou politique.

‎Pour la Guinée, l’enjeu est de consolider des institutions capables de protéger l’intérêt général indépendamment des changements de dirigeants et des rapports de force. C’est cette continuité institutionnelle qui permet à un État de dépasser les fidélités personnelles pour construire une gouvernance durable.

‎Les dirigeants changent, les alliances évoluent et les fonctions prennent fin. Les institutions, elles, ont vocation à assurer la continuité de l’État et à préserver les intérêts fondamentaux de la Nation.

‎C’est pourquoi aucun responsable ne devrait considérer sa proximité avec le pouvoir comme un droit acquis, ni ses engagements politiques comme une garantie contre d’éventuelles poursuites. La responsabilité publique implique des devoirs proportionnels aux pouvoirs exercés.

‎Soutenir le président Mamadi Doumbouya ne signifie donc pas renoncer à l’exigence de transparence. De même, demander des comptes sur la gestion des ressources nationales ne constitue pas, en soi, un acte d’hostilité envers le pouvoir. Dans une République, l’examen critique de l’action publique est une composante normale de la responsabilité démocratique et institutionnelle.

‎La Guinée a besoin de responsables compétents, de gestionnaires intègres et de citoyens capables de défendre des principes sans céder aux logiques de confrontation systématique. Elle a surtout besoin d’un système dans lequel la protection des ressources publiques ne dépende pas des relations personnelles, mais de règles solides et d’institutions crédibles.

‎La question fondamentale n’est pas de savoir qui soutient le plus bruyamment le pouvoir, mais si les institutions sont capables de garantir une gestion rigoureuse des ressources nationales et une application équitable de la loi.

‎Il ne s’agit ni de condamner sans preuves ni de protéger sans justification. Il s’agit de faire prévaloir une conception exigeante de la responsabilité publique, dans laquelle les droits individuels sont respectés et l’intérêt général demeure la priorité.

‎La loyauté politique est un choix. L’intégrité publique est un devoir. La justice est une exigence républicaine.

‎La Guinée ne pourra consolider durablement sa gouvernance qu’en faisant de la transparence une pratique institutionnelle, de la redevabilité une norme administrative et de l’égalité devant la loi un principe effectivement respecté.

‎Car la grandeur d’un État ne réside pas dans la capacité de ses dirigeants à obtenir des applaudissements, mais dans celle de ses institutions à faire respecter les règles, y compris lorsque leur application concerne des personnes influentes.

‎L’argent public appartient à la Nation. Sa gestion exige des comptes. Et aucune loyauté politique ne saurait légitimement se substituer à la justice.

‎𝗔𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗞𝗘𝗜𝗧𝗔
𝗖𝗼𝗻𝘀𝘂𝗹𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝗲𝗻 𝗴𝗲́𝗼𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲