Conakry: Assurer la stabilité des institutions, préserver la mémoire administrative et garantir la mise en œuvre des décisions publiques : les secrétaires généraux de gouvernement occupent une place essentielle dans le fonctionnement des États. C’est le message défendu par Tamba Benoît Kamano, ministre secrétaire général du Gouvernement guinéen, lors de la deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux de gouvernement, organisée à Conakry du 14 au 16 octobre 2026.
À cette occasion, le responsable guinéen a rappelé la responsabilité particulière de ces hauts fonctionnaires dans la coordination de l’action gouvernementale. « Nous sommes les gardiens de la continuité de l’État », a-t-il déclaré, résumant une mission qui se poursuit au-delà des changements de gouvernement et des évolutions institutionnelles.
Leur travail repose notamment sur la préparation des conseils des ministres, la vérification de la qualité des textes juridiques, la conservation des décisions officielles et le suivi de leur application. Ces missions, souvent peu visibles pour le grand public, constituent pourtant un rouage essentiel de l’administration.
Préserver la mémoire et la cohérence de l’action publique
Le rôle des secrétariats généraux ne se limite pas à la gestion des dossiers administratifs. Ils contribuent à assurer la régularité des actes de l’État, à coordonner les échanges entre les ministères et à maintenir une continuité dans l’exécution des politiques publiques.
Cette fonction prend une importance particulière lorsque les institutions connaissent des réorganisations ou lorsque de nouvelles orientations gouvernementales sont définies. La conservation des archives, la traçabilité des décisions et le respect des procédures permettent d’éviter les ruptures dans le fonctionnement des services publics.
Pour Benoît Kamano, les secrétariats généraux partagent ainsi une responsabilité commune : soutenir les chefs d’État et les Premiers ministres dans l’impulsion, la coordination et le contrôle de l’action gouvernementale.
L’intelligence artificielle au service de l’administration
Placée sous le thème de l’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale, cette deuxième édition du forum a également ouvert le débat sur la modernisation des administrations.
Les technologies numériques peuvent notamment faciliter la recherche dans les archives, accélérer l’accès aux textes réglementaires, repérer certaines incohérences dans les projets de décision et améliorer le suivi des mesures adoptées par les gouvernements.
Mais leur utilisation soulève aussi des exigences en matière de responsabilité, de sécurité et de contrôle humain. L’intelligence artificielle peut assister les agents publics, sans se substituer à leur jugement ni à leur responsabilité dans la prise de décision.
Les échanges ont réuni des délégations de plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et des Caraïbes, venues partager leurs expériences et réfléchir aux moyens de rendre l’action publique plus efficace.
Vers une administration plus performante
Au-delà des discussions techniques, le forum met en évidence un enjeu central pour les États participants : moderniser les méthodes de travail sans fragiliser la légalité des décisions ni la continuité institutionnelle.
Pour la Guinée, cette réflexion s’inscrit dans une dynamique de transformation de l’administration publique, avec l’ambition de renforcer la coordination gouvernementale, la qualité des textes et le suivi des décisions.
La réussite de cette modernisation dépendra toutefois de sa mise en œuvre concrète : formation des agents, fiabilité des systèmes numériques, protection des données et maintien d’un contrôle humain effectif.
En rappelant que les secrétaires généraux sont les gardiens de la continuité de l’État, Benoît Kamano a ainsi replacé leur fonction au cœur d’une question fondamentale : comment garantir une administration capable de fonctionner avec rigueur, quelles que soient les évolutions politiques et institutionnelles ?
Commentaires récents