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Conakry : Grâce présidentielle accordée à 529 détenus, évacuations sanitaires de deux anciens hauts responsables, développement du projet Simandou et règlement de litiges fonciers à Wanindara : le ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, est revenu sur plusieurs sujets qui alimentent le débat public en Guinée.

Lors d’une conférence de presse conjointe organisée le lundi 19 octobre 2026 par les porte-paroles de la Présidence et du Gouvernement, le responsable a défendu les décisions des autorités et précisé les orientations affichées par le chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Au cœur de son intervention : la volonté de concilier autorité de l’État, considérations humanitaires et ambitions de transformation économique.

Grâce présidentielle : 529 détenus concernés, la réinsertion mise en avant

La grâce présidentielle accordée à 529 détenus à l’occasion de la fête de l’indépendance a constitué l’un des principaux sujets abordés.

Amara Camara a tenu à rappeler que cette mesure de clémence ne supprime ni les décisions judiciaires ni les droits des victimes, notamment en matière de réparation. Selon lui, elle doit s’accompagner d’un dispositif d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion sociale.

Ce programme, élaboré avec les ministères concernés, vise à faciliter le retour des bénéficiaires dans leurs familles et dans la société, tout en les préparant à reprendre une activité professionnelle.

Pour les autorités, l’objectif est de faire de la grâce autre chose qu’une simple mesure de libération, en y associant un accompagnement destiné à favoriser une réintégration durable.

Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara : le droit aux soins distingué de la procédure judiciaire

Le porte-parole de la Présidence s’est également expliqué sur les autorisations d’évacuation sanitaire accordées à l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et à l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara.

Il a indiqué que ces décisions répondaient à des préoccupations liées à leur état de santé. Il a surtout insisté sur le fait qu’elles ne constituaient ni une grâce, ni une amnistie, ni une remise en cause des décisions rendues par la justice.

Cette distinction vise à séparer deux questions : d’une part, le traitement judiciaire des affaires concernées et, d’autre part, la prise en charge médicale des personnes détenues ou condamnées.

La position défendue par la Présidence repose sur le principe selon lequel le droit aux soins doit être pris en compte indépendamment du parcours politique ou des fonctions antérieures des personnes concernées, sans que cela entraîne automatiquement une modification de leur situation judiciaire.

Simandou 2040 : transformer les ressources en emplois et en infrastructures

Sur le plan économique, Amara Camara a réaffirmé l’importance du programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme un levier de transformation structurelle de la Guinée.

L’ambition affichée est de dépasser une économie reposant principalement sur l’exportation de matières premières, en développant davantage la transformation locale, les infrastructures, l’énergie, la formation et les compétences nationales.

Le défi sera de convertir les investissements liés aux ressources minières en retombées concrètes pour la population : création d’emplois, amélioration des transports, accès aux services essentiels et développement des activités économiques autour des grands projets.

Cette transformation nécessitera toutefois des investissements durables, une coordination efficace des politiques publiques et une attention particulière à la répartition des bénéfices économiques.

Wanindara : plus de 38 hectares concernés par une décision foncière

Le ministre a également évoqué la déclassification de plus de 38 hectares de terres dans la zone de Wanindara, une mesure présentée comme une réponse aux difficultés foncières rencontrées par des populations depuis plusieurs années.

Le dossier foncier constitue un enjeu majeur en Guinée, où les différends liés à la propriété, aux limites des parcelles et à l’occupation des terrains peuvent alimenter des tensions entre citoyens et avec les autorités.

La portée concrète de la décision dépendra notamment de ses modalités d’application, de la clarification des droits concernés et du traitement des éventuels différends persistants.

Pour les habitants concernés, l’enjeu est de parvenir à une situation juridiquement claire, afin de réduire les incertitudes et de prévenir de nouveaux conflits.

Sidya Touré : un appel au recueillement

La conférence de presse a enfin été l’occasion d’évoquer la mémoire de Sidya Touré, ancien Premier ministre décédé à Paris le 25 septembre 2026.

Amara Camara a appelé à la retenue et au respect de la mémoire de cette figure politique guinéenne, invitant les citoyens à privilégier le recueillement plutôt que les polémiques.

Cet hommage s’inscrit dans un appel plus large à préserver la cohésion nationale au-delà des divergences politiques.

Des annonces attendues sur le terrain

À travers ces différents dossiers, la Présidence a voulu préciser le sens de plusieurs décisions sensibles et réaffirmer les orientations de l’action gouvernementale.

La mise en œuvre de l’accompagnement des bénéficiaires de la grâce, le suivi des situations sanitaires des anciens responsables, les retombées économiques attendues de Simandou 2040 et la résolution des difficultés foncières à Wanindara constitueront autant de points à observer dans les prochains mois.

Au-delà des déclarations, la portée de ces annonces se mesurera à leurs résultats : une réinsertion effective, le respect des droits, des investissements créateurs d’emplois et des solutions foncières durables.

Pour les autorités guinéennes, l’objectif affiché est de conjuguer fermeté institutionnelle, respect des considérations humaines et transformation économique. Reste désormais à traduire ces orientations en résultats concrets pour les citoyens.