La Guinée engage une nouvelle étape dans la transformation de son administration publique. Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a lancé les travaux de révision des statuts particuliers de quatre catégories importantes de fonctionnaires : les greffiers, les personnels de l’éducation, les personnels de santé et les administrateurs territoriaux.
L’objectif est clair : adapter les règles de la fonction publique aux réalités actuelles et construire une administration plus moderne, plus équitable et davantage orientée vers les résultats.
Des textes devenus inadaptés
Plusieurs statuts actuellement en vigueur ont été élaborés il y a plus d’une décennie. Celui des personnels de l’éducation date de 2006, celui de la santé de 2008 et celui des greffiers de 2016.
Depuis leur adoption, les métiers, les technologies, les missions de l’État et les attentes des citoyens ont profondément évolué.
Le chantier lancé par le gouvernement doit donc permettre d’identifier les dispositions devenues obsolètes ou imprécises, de les mettre en conformité avec le statut général des agents de l’État et de mieux prendre en compte les spécificités de chaque profession.
Pour les administrateurs territoriaux, la démarche va plus loin : il s’agit de créer un statut particulier qui n’existait pas jusqu’ici.
Vers une fonction publique davantage fondée sur la performance
Au-delà de la simple réécriture des textes, le gouvernement veut revoir la manière dont les carrières sont gérées.
La progression professionnelle devrait progressivement davantage tenir compte du travail réellement accompli, des responsabilités exercées et des résultats obtenus, et pas uniquement des diplômes ou des formations suivies.
Cette évolution doit s’appuyer sur des fiches de poste précises, une meilleure définition des compétences attendues et l’évaluation régulière des agents.
L’ambition affichée est de faire de la performance un véritable instrument de gestion de la fonction publique, tout en maintenant le principe d’équité entre les différents corps.
Une réforme qui touche au fonctionnement de l’État
Le chantier s’inscrit dans une transformation plus large de l’administration guinéenne. Le gouvernement travaille également à moderniser le répertoire des emplois, des métiers et des compétences, dont la précédente version remontait aux années 1960.
De nouveaux métiers et de nouvelles compétences doivent désormais être intégrés afin d’anticiper les besoins de l’administration au cours des prochaines années.
L’enjeu dépasse donc les seuls statuts des fonctionnaires. Il s’agit de mettre progressivement l’organisation de l’État en cohérence avec les nouvelles réalités économiques, technologiques et sociales du pays.
L’équité au cœur de la réforme
Le gouvernement entend également éviter que la révision des statuts ne se transforme en compétition entre les différents corps de fonctionnaires pour obtenir davantage d’avantages.
La réforme doit rechercher un équilibre entre l’unité de la fonction publique et la reconnaissance des particularités propres à chaque métier.
À terme, l’objectif est de disposer de règles plus claires, de carrières mieux structurées et d’une administration capable de répondre plus efficacement aux besoins des citoyens.
La réussite de cette réforme dépendra désormais de sa mise en œuvre concrète. Car moderniser les textes ne suffira pas : il faudra également transformer les pratiques, renforcer l’évaluation et faire de la compétence et du mérite des critères réels de progression au sein de l’administration guinéenne.
Commentaires récents