Neuf mois après une finale chaotique, le football africain attend toujours de connaître officiellement son champion d’Afrique 2025. Le Sénégal et le Maroc s’opposent désormais devant la justice sportive, dans une affaire qui dépasse largement le résultat d’un match.
Le sort du trophée de la Coupe d’Afrique des nations 2025 se joue désormais devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne, en Suisse. L’instance a examiné jeudi 8 octobre le recours de la Fédération sénégalaise de football contre la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer le titre au Maroc.
L’audience s’est déroulée à huis clos. À son issue, les arbitres ont entamé leurs délibérations. Aucune décision n’a été annoncée immédiatement, mais le TAS a indiqué qu’il entendait rendre sa sentence dans les jours suivants.
Une finale qui a basculé dans la controverse
Le 18 janvier 2026, le Sénégal avait remporté la finale face au Maroc sur le score de 1-0 après prolongation, à Rabat. Mais la rencontre avait été marquée par un épisode particulièrement tendu dans les dernières minutes du temps réglementaire.
Après l’attribution d’un penalty au Maroc, des joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse pour protester contre la décision arbitrale. Le jeu avait finalement repris, et l’attaquant marocain Brahim Diaz avait manqué sa tentative. Le Sénégal avait ensuite inscrit le but décisif en prolongation.
Deux mois plus tard, le jury d’appel de la CAF avait bouleversé l’issue de la compétition. Estimant que le comportement de l’équipe sénégalaise justifiait un forfait, l’instance avait homologué la finale sur le score de 3-0 en faveur du Maroc.
Cette décision a ouvert un bras de fer juridique entre les deux fédérations.
Le Sénégal réclame la reconnaissance de sa victoire
La Fédération sénégalaise de football demande au TAS d’annuler la décision de la CAF et de reconnaître le Sénégal comme vainqueur de la compétition. Elle conteste ainsi la sanction qui a privé les Lions de la Teranga du titre obtenu sur le terrain.
De son côté, le Maroc est concerné par la procédure en tant que bénéficiaire de la décision contestée. L’issue du dossier déterminera si l’attribution du trophée prononcée par la CAF est maintenue ou annulée.
Les arbitres doivent notamment examiner les arguments juridiques des parties et les règles applicables à la rencontre. Leur décision devra permettre de trancher le différend qui divise les deux pays depuis plusieurs mois.
Une décision aux conséquences majeures pour le football africain
Au-delà de la rivalité entre Dakar et Rabat, cette affaire pose une question essentielle : jusqu’où les instances sportives peuvent-elles aller dans la sanction d’un comportement collectif sur le terrain, et selon quels critères une finale peut-elle être déclarée perdue par forfait après la reprise du jeu ?
La sentence du TAS sera donc suivie bien au-delà des deux fédérations concernées. Elle pourrait également faire référence dans les débats futurs sur l’application des règlements, l’autorité arbitrale et les responsabilités des équipes lors des grandes compétitions.
Pour les supporters sénégalais, l’enjeu est celui de la reconnaissance d’une victoire acquise sur la pelouse. Pour le Maroc, il s’agit de défendre une décision qui lui a officiellement attribué le titre.
Le football africain attend son épilogue
Après des mois de contestation, le dossier entre dans sa phase décisive. Le TAS devra déterminer si la décision de la CAF respecte les règles applicables et si elle doit être confirmée ou annulée.
Une chose est certaine : tant que la sentence n’aura pas été rendue, l’issue juridique de la CAN 2025 restera disputée.
Le verdict attendu ne désignera pas seulement le détenteur officiel du trophée. Il devra aussi contribuer à rétablir la clarté autour d’une finale dont les conséquences ont largement dépassé les limites du terrain.
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