La Guinée entend transformer son rapprochement économique avec le Royaume-Uni en investissements concrets. Réunis à Conakry du 20 au 21 octobre 2026, des responsables politiques, des investisseurs et des acteurs économiques ont affiché leur volonté de renforcer les échanges commerciaux et d’accélérer le financement de projets structurants en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Des ambitions d’investissement revues à la hausse
La cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre s’est achevée sur des annonces importantes pour l’économie guinéenne.
À cette occasion, le ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a annoncé une progression de l’ambition d’investissement britannique en Guinée, portée de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling, soit environ 3 milliards de dollars.
Cette annonce traduit la volonté de renforcer les relations économiques entre Conakry et Londres. Elle constitue toutefois un objectif d’investissement qui devra se concrétiser à travers des projets financés, exécutés et capables de produire des retombées durables pour la population.
L’eau, l’énergie et les infrastructures au centre des priorités
Les discussions ont notamment porté sur des secteurs essentiels au développement de la Guinée : l’accès à l’eau potable, l’électricité, les transports, l’éducation et les infrastructures publiques.
Parmi les projets mis en avant figure le programme régional d’accès à l’eau, soutenu par un financement britannique de 91 millions de livres sterling. Un autre financement de 129 millions de livres est destiné au projet de transport d’électricité de la zone côtière de Conakry. Un programme d’infrastructures scolaires bénéficie également d’un soutien de 75 millions de livres.
Ces initiatives pourraient contribuer à améliorer les services publics et à soutenir l’activité économique. Leur impact dépendra néanmoins de leur mise en œuvre effective, du respect des délais et de la capacité à répondre aux besoins réels des populations.
Neuf accords pour rapprocher les entreprises et les investisseurs
Le forum s’est achevé avec la signature de neuf accords stratégiques. L’objectif est de faciliter les partenariats entre les entreprises, les institutions financières et les gouvernements, tout en améliorant l’accès aux financements nécessaires aux projets de développement.
Le Royaume-Uni cherche ainsi à renforcer la présence de ses entreprises sur les marchés africains, tandis que les pays partenaires espèrent attirer des capitaux, des compétences techniques et des technologies susceptibles d’accélérer leur transformation économique.
Pour la Guinée, l’enjeu est de convertir ces engagements en emplois, en activités industrielles et en infrastructures opérationnelles. La mobilisation de financements extérieurs ne garantit pas, à elle seule, une amélioration des conditions de vie : les retombées dépendront aussi de la transparence des contrats, du contenu local et de la participation des entreprises guinéennes.
Simandou 2040, un cadre pour diversifier l’économie
Les autorités guinéennes veulent inscrire ce rapprochement économique dans la dynamique de Simandou 2040, leur programme de transformation à long terme. L’ambition consiste notamment à faire des ressources naturelles un levier de diversification, plutôt qu’une source de revenus limitée à l’extraction et à l’exportation des matières premières.
Cette orientation suppose de développer les infrastructures, de renforcer les capacités productives et de favoriser le transfert de compétences. Elle implique également de créer des conditions permettant aux entreprises locales de participer davantage aux marchés générés par les investissements.
Le gouvernement devra donc veiller à ce que les projets annoncés bénéficient à l’économie nationale, au-delà des seules entreprises chargées de leur réalisation.
Des annonces à l’épreuve des résultats
En accueillant cette cinquième édition du forum, Conakry s’est positionnée comme un point de rencontre entre les investisseurs britanniques et les économies francophones de la région. Mais la portée réelle de cette rencontre se mesurera moins au montant des engagements annoncés qu’aux réalisations sur le terrain.
Pour la Guinée, la priorité sera désormais d’assurer le suivi des accords, de lever les obstacles administratifs et financiers et de garantir que les investissements se traduisent par des services publics plus accessibles, des emplois durables et une économie plus diversifiée.
Le partenariat avec Londres ouvre ainsi de nouvelles perspectives. Sa réussite dépendra de la capacité des deux parties à transformer les ambitions affichées à Conakry en projets concrets, utiles et mesurables pour les populations.
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