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L’interdiction des sachets plastiques à usage unique pose un défi majeur en Guinée : comment protéger l’environnement sans rendre l’eau potable plus difficile à obtenir pour les populations les plus vulnérables ? Dans plusieurs quartiers, notamment à Conakry, des familles n’ont toujours pas accès à l’eau potable à domicile. La priorité doit désormais être de leur proposer des solutions accessibles, sûres et durables.

CONAKRY : La question de l’eau potable dépasse désormais celle du plastique.

Dans plusieurs quartiers, des familles vivent encore sans raccordement régulier au réseau d’eau. Pour elles, les petits sachets d’eau constituaient une solution simple et peu coûteuse pour répondre à un besoin essentiel : boire.

Avec leur interdiction, une question devient incontournable : quelle alternative pour les quartiers qui ne disposent pas encore d’un accès fiable à l’eau potable ?

La réponse ne peut pas se limiter à remplacer un emballage par un autre.

Faire arriver l’eau dans les quartiers

La première urgence est de rapprocher l’eau potable des populations.

Dans les zones qui ne sont pas encore desservies par le réseau, l’installation rapide de bornes-fontaines publiques peut constituer une solution immédiate.

Ces points d’eau pourraient permettre aux familles de remplir leurs bidons à un tarif social, avec une eau contrôlée et régulièrement analysée.

L’objectif est simple : permettre à chacun d’acheter de l’eau, et non d’être obligé d’acheter une bouteille ou un sachet pour avoir accès à l’eau.

Multiplier les forages collectifs

Lorsque le raccordement au réseau est techniquement difficile ou nécessite davantage de temps, les forages collectifs sécurisés peuvent apporter une réponse.

Équipés de systèmes de pompage modernes, notamment solaires, ils pourraient alimenter plusieurs centaines de ménages.

Mais ces installations doivent être contrôlées : qualité de l’eau, entretien des équipements, protection des nappes et transparence sur les tarifs sont indispensables.

Mettre en place un véritable tarif social

L’accès à l’eau potable ne doit pas devenir un luxe.

Dans les quartiers les plus pauvres, un tarif social de l’eau pourrait être appliqué dans les bornes-fontaines et les points de distribution publics.

Cette mesure permettrait de protéger les ménages modestes tout en garantissant aux opérateurs les ressources nécessaires à l’entretien des installations.

Un système de contrôle des prix serait également nécessaire pour éviter que la rareté de l’eau ne devienne une source de spéculation.

Accélérer les branchements des ménages

À moyen terme, la solution la plus durable reste le raccordement des logements au réseau public.

Les nouveaux projets hydrauliques doivent donc accorder une attention particulière aux quartiers périphériques et aux zones aujourd’hui insuffisamment desservies.

Des branchements sociaux, avec des coûts d’installation réduits et des facilités de paiement, pourraient permettre à davantage de familles d’avoir directement l’eau à domicile.

Protéger l’environnement sans pénaliser les populations

La réduction des déchets plastiques reste un objectif important.

Mais la transition doit être accompagnée de solutions concrètes.

On ne peut pas demander à une famille de renoncer à un moyen d’accès à l’eau sans lui garantir une autre possibilité de s’approvisionner.

La priorité est donc double : réduire progressivement la dépendance aux emballages plastiques tout en développant rapidement les infrastructures hydrauliques.

Bornes-fontaines, forages collectifs, réservoirs de proximité, branchements sociaux et tarifs accessibles peuvent constituer les piliers d’une réponse efficace.

Une urgence qui dépasse le plastique

Le véritable enjeu n’est finalement pas le sachet.

C’est l’accès à l’eau.

Dans les quartiers où l’eau potable n’arrive pas encore, chaque jour sans solution représente une difficulté supplémentaire pour les familles.

La Guinée doit donc profiter de cette période de transition pour accélérer ses investissements et faire de l’accès universel à l’eau potable une priorité concrète.

Protéger l’environnement est nécessaire. Garantir à chaque famille une eau potable accessible l’est tout autant. La réussite de cette transition dépendra de la capacité à faire avancer les deux objectifs ensemble.