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Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, des enregistrements inédits du centre de commandement de la police israélienne mettent en lumière la confusion qui régnait au sommet de la chaîne opérationnelle dans les premières heures de l’offensive du Hamas. Manque de forces, pénurie de munitions et demandes urgentes de soutien aérien : les échanges dévoilent l’ampleur de la crise à laquelle les responsables étaient confrontés.

JÉRUSALEM : Les premières heures du 7 octobre 2023 apparaissent sous un nouveau jour.

Des enregistrements du centre de commandement de la police israélienne à Jérusalem, récemment rendus publics, montrent les difficultés rencontrées par les responsables pour coordonner la réponse alors que de multiples foyers d’attaque se multipliaient simultanément dans le sud du pays.

À Sdérot, Ofakim, Reïm ou encore Yad Mordechai, des policiers et des unités spécialisées étaient engagés dans des combats particulièrement violents. Au centre de commandement, les responsables tentaient de répartir des forces déjà largement mobilisées, alors que les moyens disponibles apparaissaient insuffisants face à l’ampleur de l’offensive.

Les enregistrements révèlent également les appels répétés de hauts responsables de la police pour obtenir l’intervention d’hélicoptères de combat de l’armée israélienne.

Alors que les attaques se poursuivaient autour de la base de Reïm et du site du festival Nova, les responsables policiers cherchaient à obtenir rapidement un appui aérien.

Les échanges témoignent d’une forte incertitude quant aux délais et aux conditions permettant une telle intervention.

Cette situation illustre les difficultés de coordination entre les forces engagées au sol et les structures militaires appelées à leur apporter un soutien.

Vers 10 heures, de nouveaux signalements ont renforcé l’inquiétude du commandement. Des civils rapportaient des tirs à proximité de la gare routière centrale de Beer-Sheva, faisant craindre une extension des attaques vers l’intérieur du pays.

Avec les unités spéciales déjà engagées dans les zones touchées, le commandement devait improviser des réponses avec des moyens limités.

Ces enregistrements ne racontent donc pas seulement les combats sur le terrain. Ils montrent aussi, de l’intérieur, la pression exercée sur une chaîne de commandement confrontée à une situation sans précédent

La publication de ces échanges intervient alors qu’Israël continue d’examiner les défaillances ayant marqué le 7 octobre.

Les enregistrements apportent un nouvel éclairage sur les premières heures de l’attaque, sans pour autant constituer à eux seuls une évaluation complète de la réponse sécuritaire israélienne.

Ils donnent néanmoins à voir une réalité saisissante : au moment où les attaques se multipliaient, les responsables de la police tentaient de comprendre l’ampleur de la menace tout en cherchant désespérément les moyens de reprendre le contrôle de la situation.

Trois ans après, ces voix enregistrées dans les salles de commandement rappellent la brutalité du choc subi ce matin-là et la profondeur des questions qui continuent d’entourer la réponse israélienne au 7 octobre.